
Chaque saison des pluies, le paludisme fait son retour en force en Afrique de l’Ouest. Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’Afrique concentre l’immense majorité des cas et des décès dus à cette maladie dans le monde, et les enfants de moins de cinq ans sont les plus touchés. Pourtant, des gestes simples permettent de réduire fortement le risque. Voici l’essentiel à savoir.
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.
Comment se transmet le paludisme ?
Le paludisme est causé par un parasite, le Plasmodium, transmis par la piqûre de certains moustiques femelles du genre Anopheles. Ces moustiques piquent surtout la nuit, entre le coucher et le lever du soleil. Ils se reproduisent dans les eaux stagnantes, très nombreuses pendant la saison des pluies : flaques, pneus usagés, récipients abandonnés, rizières.
Le paludisme ne se transmet pas directement d’une personne à une autre par le contact ou la toux.
1. Dormir sous une moustiquaire imprégnée
C’est la mesure la plus efficace. Une moustiquaire imprégnée d’insecticide protège la personne qui dort dessous et tue les moustiques qui s’y posent. Pour qu’elle soit efficace :
- utilisez-la toutes les nuits, toute l’année, et pas seulement quand il y a beaucoup de moustiques ;
- bordez-la bien sous le matelas ou la natte ;
- vérifiez qu’elle n’a pas de trous, et réparez-les rapidement ;
- donnez la priorité aux jeunes enfants et aux femmes enceintes.
Des moustiquaires sont souvent distribuées gratuitement lors de campagnes nationales : renseignez-vous auprès du centre de santé le plus proche.
2. Supprimer les eaux stagnantes autour de la maison
Une fois par semaine, faites le tour de la concession : videz les seaux, boîtes et pots qui contiennent de l’eau, couvrez les réservoirs, comblez les flaques et nettoyez les caniveaux. Moins il y a de gîtes larvaires, moins il y a de moustiques. Ce travail est encore plus efficace lorsqu’il est organisé collectivement dans tout le quartier.
3. Se protéger le soir
Lors des veillées à l’extérieur, portez des vêtements longs et clairs, utilisez des répulsifs adaptés et, si possible, installez des grillages aux fenêtres. Les serpentins et diffuseurs peuvent compléter la protection, en veillant à aérer les pièces.
4. Suivre les mesures de prévention recommandées
Dans de nombreux pays du Sahel, les autorités sanitaires organisent pendant la saison des pluies des campagnes de chimioprévention du paludisme saisonnier pour les jeunes enfants : des médicaments sont donnés chaque mois pendant la période à risque. Les femmes enceintes bénéficient aussi d’un traitement préventif lors des consultations prénatales. Par ailleurs, des vaccins contre le paludisme sont désormais introduits progressivement dans plusieurs pays africains pour les jeunes enfants. Renseignez-vous auprès de votre centre de santé sur ce qui est proposé dans votre zone.
5. Reconnaître les signes et consulter vite
Les symptômes apparaissent généralement une à deux semaines après la piqûre. Les plus fréquents sont :
- la fièvre, souvent avec frissons et sueurs ;
- les maux de tête ;
- les douleurs musculaires et la fatigue ;
- les nausées, vomissements ou diarrhées, en particulier chez l’enfant.
Toute fièvre pendant la saison des pluies doit faire penser au paludisme. Il faut consulter rapidement pour faire un test de diagnostic, souvent disponible en quelques minutes dans les centres de santé. Un traitement pris tôt guérit la grande majorité des cas.
Les signes d’urgence
Rendez-vous immédiatement dans une structure de santé si la personne malade, en particulier un enfant, présente : convulsions, somnolence anormale ou perte de connaissance, incapacité à boire ou à téter, vomissements répétés, respiration difficile, urines très foncées ou pâleur importante. Le paludisme grave peut être mortel en quelques heures.
Éviter l’automédication
Il est tentant d’acheter des médicaments au marché ou de reprendre un reste de traitement. C’est risqué : les médicaments vendus dans la rue peuvent être faux ou mal conservés, et un traitement incomplet favorise la résistance du parasite. Le bon réflexe est toujours le même : tester d’abord, puis traiter avec les médicaments recommandés, en suivant le traitement jusqu’au bout.
En résumé
Moustiquaire chaque nuit, suppression des eaux stagnantes, consultation rapide en cas de fièvre : ces trois réflexes sauvent des vies chaque année. Partagez-les autour de vous, en particulier avec les familles qui ont de jeunes enfants.
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