un conseiller communal de la majorité déballe ses états d’âme sur les relations entre la ville et l’UCLouvain

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Après 21 ans d’alliance, la majorité Ecolo-Avenir (cdH)-PS en place à Ottignies-Louvain-la-Neuve est-elle en train de lentement se fissurer? Ce jeudi, une lettre ouverte adressée par Yves Leroy, conseiller communal Avenir, a alimenté les doutes. De là à imaginer une rupture? Ce serait aller vite en besogne, mais les lignes sont peut-être tout de même en train de bouger.

Dans cette lettre, Yves Leroy s’en prend à l’échevin Philippe Delvaux (Ecolo). Il lui reproche de critiquer sans cesse, et de façon injuste, l’UCLouvain. Il y a quelques semaines encore, dans les colonnes de Médor, Philippe Delvaux estimait que la contribution financière de l’université au fonctionnement de la commune était insuffisante. Dans des termes cinglants.

« Les dirigeants universitaires exploitent très bien la situation héritée du passé, déclarait Philippe Delvaux. Mais il est inacceptable qu’au moment où les bénéfices de l’UCLouvain augmentent et que les impôts ou taxes payés à la ville restent nuls ou presque, il n’y ait aucun répondant quand nous leur demandons d’intervenir dans toute une série de dépenses non assumées.  »

Une attitude hostile incompréhensible

Pour Yves Leroy, fin connaisseur des rouages de l’UCLouvain et des instances communales, cet article est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Il estime que l’attitude hostile de Philippe Delvaux, « coutumier de dénigrements publics de l’université », est incompréhensible et contreproductive.

« La ville n’a aucun intérêt à s’aventurer dans un tel combat qui risque au contraire de nuire à une collaboration qui lui a été bénéfique depuis l’origine de Louvain-la-Neuve », écrit-il.

En quelques années, les relations entre la ville et l’UCLouvain se sont détériorées. Rien ne transparaît dans les discours officiels, mais les rapports sont tendus. En 2019 par exemple, à l’initiative de l’échevin Philippe Delvaux, une taxe sur les surfaces de bureaux avait été votée. L’UCLouvain y avait finalement échappé, après avoir contesté la conformité de la taxe auprès du gouvernement wallon. Mais la pilule lui est restée en travers de la gorge. Et depuis, les motifs de friction se sont accumulés. L’article de Médor n’a pas arrangé les choses. Après la parution, l’université s’est bien gardée de réagir officiellement. Mais son administratrice générale a tout de même contacté la bourgmestre d’Ottignies-LLN, Julie Chantry, pour lui faire part de son mécontentement.

Un échevin ne devrait pas dire ça

Interrogée ce vendredi, la bourgmestre dit ne pas être très heureuse de cette situation. Elle parle d’une maladresse dans le chef de son échevin des finances qui n’aurait pas dû s’exprimer de cette manière.

« Louvain-la-Neuve coûte beaucoup à la commune, explique Julie Chantry. Faut-il rendre l’UCLouvain responsable? Non, évidemment. Il faut souligner les apports considérables de l’université, mais sa présence induit aussi un coût qui pourrait être problématique à l’avenir. Mais ça ne doit pas pourrir les relations avec l’UCLouvain. Il faut faire fonctionner le projet et assurer l’entretien et le fonctionnement de la ville. »

Une majorité fragilisée?

Quoi qu’il en soit des relations entre la ville et l’université, l’épisode de la lettre d’Yves Leroy amène à s’interroger sur l’état des rapports entre les partenaires de la majorité. Car les désaccords publics s’enchaînent. Fin décembre, dans L’Avenir, Cédric du Monceau (Avenir), ancien échevin et actuel président du conseil communal, avait vivement critiqué le feu vert accordé par le collège au projet d’hôtel de standing au Château de Limelette.

Alors, y a-t-il un malaise? Les principaux protagonistes affirment que non, mais pas toujours avec la même conviction. La lettre d’Yves Leroy, présentée comme une initiative personnelle, a pu surprendre. Certains regrettent la méthode, autant que les déclarations « maladroites » de Philippe Delvaux à Médor.

Quant à la prise de position de Cédric du Monceau à propos du Château de Limelette, elle n’est que la confirmation d’un point-de-vue connu de tous depuis longtemps.

Fin de la récréation?

Officiellement, tout cela ne serait donc finalement qu’une petite querelle sans gravité. Mais à demi-mot, plusieurs mandataires laissent tout de même entendre qu’il est devenu « compliqué » de travailler au sein de cette majorité. Au centre des critiques, l’échevin Philippe Delvaux est parfois dépeint comme dogmatique, jamais satisfait de rien, se méfiant de tout et de tous. L’intéressé déplore ce déballage et se dit ouvert à la discussion.

« Philippe Delvaux a une grande conscience professionnelle, dit la bourgmestre. Il a à cœur de défendre les intérêts de la ville. Parfois, ça peut être irritant, mais ce n’est pas un poste facile. Il garde ma confiance, mais je lui dis quand je ne suis pas d’accord. »

La bourgmestre sonne donc la fin de la récréation. Mais que se passera-t-il en cas de nouvel incident?

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