MedinaFairLAB, « Ma boutique est une immersion dans l’artisanat tunisien »

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Un air de Tunisie flotte au 48 avenue Fonsny à St-Gilles. Une douce odeur de jasmin, dans une boutique qu’Ons Bouslama a pensé comme une petite Médina, une vieille ville drapée de tapis colorés et ponctuée de coussins à foison, où les artisans locaux vendent leurs créations traditionnelles. La belgo-tunisienne de 28 ans les importe de Tunisie, grâce à l’Office Nationale de l’Artisanat tunisien.

Grâce à différentes aides qui vont de la participation à un incubateur de start-up à la mise à disposition d’un lieu d’occupation temporaire en passant par l’accès à un microcrédit, c’est un arsenal entrepreneurial auquel a droit Ons Bouslama. Sa boutique est ce qu’on appelle un « pop-up store », un projet temporaire. Dans son cas, il s’est ouvert en novembre pour une durée de 4 mois, jusqu’au 31 mars.

Soutenir l’artisanat tunisien

Ce sont tous ces dispositifs entrepreneuriaux qui aujourd’hui lui permettent de valoriser un artisanat qu’elle chérit tout particulièrement. Le genre de levier qui fait défaut aux artisans tunisiens : « L’objectif est de faire découvrir le savoir-faire tunisien, parce qu’il en a besoin. Depuis la révolution tunisienne et maintenant la pandémie, l’artisanat tunisien est en train de s’éteindre. Les artisans se réorientent vers les usines pour avoir du travail. » Le tourisme est en berne en Tunisie, et c’est la première clientèle demandeuse de ces produits. Ons Bouslama veut donner un second souffle à ces productions dans sa boutique bruxelloise. « Vu que je suis d’origine tunisienne, que j’adore l’artisanat et que je vis en Belgique, je vais partager ce métissage que j’aime tant. »

Un commerce à vocation équitable

L’argent gagné est réinvesti dans de nouvelles collections « Médina ». « Un accord est établi avec les artisans en ce qui concerne les prix. On a regardé les matières premières, le temps de travail pour en juger. » Il y en a pour toutes les bourses. Dans sa collection actuelle, on retrouve des ustensiles de cuisine en bois d’olivier accessibles pour quelques euros. Des coussins fabriqués à partir de tapis recyclés sont disposés dans la vitrine du magasin et vendus quelques dizaines d’euros. Des tapis de toute taille sont accrochés aux murs et aux plafonds, avec des prix allant jusqu’à 1000 euros pour les modèles en cuir. 

Une entrepreneuse initiée

La Bruxelloise a été initiée à la poterie et elle propose aussi ses propres créations à la vente. « Je contribue avec un premier test de vase en céramique de ma création. C’est un artisan que j’aime tout particulièrement qui m’a appris sa technique. C’est lui aussi qui m’a montré les différentes étapes de cuisson et de laquage. » Une création inspirée des poteries de Sejnane, classées au patrimoine immatériel de l’UNESCO, et qu’elle vend sur l’étal juste en face.

Le projet à court terme d’Ons Bouslama est d’ouvrir une boutique en ligne. A plus long terme, son idéal est multiculturel : « Si cette étape-ci marche vraiment bien, d’ici deux à trois ans, j’aimerais ouvrir tout un comptoir des artisans. Il ne s’ouvrirait pas qu’à la Tunisie, mais au monde entier, en incluant les artisans locaux sur Bruxelles. » Pour l’heure, elle prévoit de partir en voyage dans son pays d’origine pour refaire son stock, afin d’assurer sa dernière ligne droite à l’avenue Fonsny.





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