Les trottinettes électriques désormais interdites dans les Galeries Royales Saint-Hubert

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« Trottinettes, rollers, vélos interdits ! » Les affichettes scotchées grossièrement aux différentes entrées des prestigieuses Galeries Saint-Hubert, dans le centre de Bruxelles sont explicites. Une interdiction de passage s’appliquait déjà aux cycles, elle s’élargit à ces nouveaux moyens de déplacement à la mode que sont les trottinettes électriques. Leurs usagers ne peuvent plus circuler dans les galeries du Roi, de la Reine et des Princes, sauf s’ils en descendent.

L’ennui, c’est qu’on ne les entend pas

L’interdiction est récente : elle date de la rentrée de septembre. Véronique, qui a ses habitudes dans un café des galeries, comprend. « L’ennui, c’est qu’on ne les entend pas« , explique-t-elle. « On peut avoir envie de changer de direction et à ce moment-là, les trottinettes vous frôlent. » Elle ajoute : « Tant pis, ils n’ont qu’à descendre de leur trottinette. » Et quand on lui dit que ce passage est un raccourci entre la rue de l’Ecuyer et la Grand’Place ? « Tout cela pour gagner du temps, un temps que les utilisateurs de trottinettes vont perdre ailleurs.« 

Kabiné, trottinettiste au quotidien, ne comprend pas cette interdiction. « Si la trottinette détruit quelque chose dans les galeries, je peux comprendre. Mais ce n’est pas le cas« , nous dit-il à l’entrée des galeries. « Pour moi, ce n’est pas logique. Alors oui, certains roulent vite. Mais c’est comme pour une voiture. Certaines peuvent monter jusqu’à 300 km/h. Mais quand on se retrouve dans la circulation ou dans la foule, on ralentit. C’est mon cas.« 

Pour Alexandre Grosjean, président de la société civile des Galeries Royales Saint-Hubert, l’interdiction aujourd’hui imposée aux trottinettistes découle d’une certaine logique. « Nous avons eu différentes réactions de la part de nos locataires ou encore des clients qui se trouvent sur les terrasses« , explique celui-ci. « Ils considéraient que l’usage de la trottinette dans les galeries créait de l’insécurité puisqu’il s’agit ici d’un passage piétonnier.« 

Des remarques qui n’étaient pas du tout entendues

Vitesse élevée, utilisateur cascadeur : les critiques s’accumulent, même si les incidents ne sont pas fréquents. « Nous avons commencé à formuler l’une ou l’autre remarque aux utilisateurs de trottinettes en leur disant de faire attention, de rouler moins vite. Ce discours n’était pas du tout entendu. Raison pour laquelle nous avons décidé de mettre en place une interdiction. » Les vigiles recrutés par les galeries veillent à faire respecter cette interdiction.

Pas de p.-v.

Une interdiction qui n’a rien d’officielle. On l’a dit : il s’agit d’affichettes, pas de panneaux officiels émanant d’une autorité publique ou de la police. « Ici, le statut est tout à fait particulier. Il date de la création des galeries en 1845. Nous nous situons dans un domaine privé avec une servitude de passage public. Raison pour laquelle le passage est géré par nos bons soins. Les messages que nous faisions passer auparavant ne passaient pas. Il fallait donc passer à quelque chose de plus contraignant.« 

Mais aucune sanction à la clé : pas moyen de dresser un p.-v. à l’un ou l’autre contrevenant. « Nous, ce que nous voulons, c’est le bien-être global dans les galeries. C’est un règlement d’ordre intérieur qui s’applique à tous les usagers internes des galeries. » Règlement qui interdit aussi la cigarette ou les déjections canines entre autres.

Le passage est assez large

Bob Charlier, gérant du Mokafé, institution de la Galerie du Roi, se réjouit du nouveau règlement anti-trottinettes. « Avant qu’elles ne soient interdites, c’était un problème de sécurité. Idem pour les vélos. Souvent, leurs usagers ne regardent pas où ils vont. Sur ma terrasse, certains leur criaient dessus : ‘Pas de vélo ici, pas de trottinettes !’« 

Le chapelier de la galerie de la Reine dit également comprendre le raisonnement : « Ici, c’est plus calme avec la crise sanitaire, mais en général, il y a beaucoup de monde. C’est compliqué de rouler à trottinette en temps normal.« 

A l’inverse, pour un groupe d’adolescentes rencontrées sur place, rien de logique à tout cela. Pour elles, « le passage est assez large, donc on ne comprend pas. » Des points de vue peu conciliables.





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