La croissance des hypothèques des particuliers pour les biens de rendement inquiète la BNS – rts.ch

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De plus en plus de particuliers achètent des immeubles comme placement financier. Cet engouement commence à susciter l’inquiétude de la Banque nationale suisse, qui craint une déstabilisation du marché immobilier.

Près de la moitié de ces biens de rendement sont détenus par des privés. Les hypothèques pour ce type d’investissement ont considérablement augmenté ces dernières années, ce qui est source de préoccupation tant autant au niveau national qu’au niveau genevois.

Faute d’alternative de placement intéressante, notamment à cause des taux très bas, les investisseurs se ruent sur la bourse et sur l’immobilier. Ces investissements ne sont pas seulement réalisés par des professionnels et des caisses de pension, mais aussi par des particuliers, ce qui crée une distorsion du marché.

Prix à la hausse

« Depuis 2018, on observe qu’une bonne partie des crédits hypothécaires, mêmes aux particuliers, sont destinés à investir dans des biens de rendement. 47% des logements locatifs seraient détenus par des particuliers, ce qui est très important », explique lundi dans La Matinale Valérie Lemaigre, cheffe économiste à la Banque cantonale genevoise.

Cette situation pousse les prix à la hausse et pénalise ceux qui voudraient devenir propriétaire de leur logement. « On reste sur des taux de propriété très bas, 38% en Suisse et 18% à Genève. On a clairement des disparités entre ceux qui voudraient accéder à l’immobilier pour leur propriété et pour y vivre, et ceux qui peuvent continuer à investir dans le parc immobilier », constate Valérie Lemaigre.

Rôle des acteurs institutionnels

Toutefois, pour Christophe Aumeunier, secrétaire général de la Chambre immobilière genevoise, il ne faut pas mettre la faute exclusivement sur les acteurs privés.

« Je crois qu’il est bon d’avoir une économie privée qui soit dynamique et que le secteur immobilier soit porteur. […] Si le marché est à la hausse, à mon avis, c’est essentiellement dû à des acteurs institutionnels, comme les caisses de pension ou l’Etat, qui achètent des immeubles à des prix qui sont extrêmement soutenus. »

De leur côté, les autorités de régulation ont déjà donné un tour de vis il y a deux ans en exigeant plus de fonds propres et en imposant de réduire la dette plus rapidement. Ces mesures ont calmé la surchauffe pour les professionnels du secteur, mais pas celle liée aux particuliers, qui investissent aussi leur excédent d’épargne accumulé durant la pandémie.

Sylvie Belzer/asch





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