«C’est une histoire qu’on va raconter à nos petits-fils»

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À 32 ans, dont plus de quinze en sélection gambienne, l’arrière gauche Pa Modou Jagne, est le mieux placé pour parler d’une sélection qui a longtemps attendu d’être invitée à la CAN. Le capitaine des Scorpions évoque sa fierté d’être le guide de la Gambie et espère encore faire rêver ses supporters après un premier match victorieux face à la Mauritanie (1-0).

Vous vous rappelez votre première sélection avec la Gambie en 2006 contre le Cap-Vert et ce que vous avez ressenti à l’époque ?

Oui, un grand bonheur de représenter mon pays avec l’équipe première. J’avais été sélectionné en équipe nationale cadette, avec les U-17, et aussi avec les U-20. Donc pour moi, c’était un aboutissement et un rêve qui se réalisait alors que je n’avais pas encore 18 ans.

Vous êtes donc un pur produit du football gambien, ça doit être une immense fierté de guider la Gambie comme capitaine pour sa première CAN…

Évidemment, je suis passé par toutes les équipes nationales, et je pense que nous sommes trois à avoir fait le même parcours dans les différentes sélections : Ebrima Sohna (milieu de terrain) et le gardien de but Toldo (Modou Jobe). Ensemble, on a disputé une CAN cadette et même un mondial de la même catégorie. Aujourd’hui, c’est une grande victoire d’être en Coupe d’Afrique après ce parcours.

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À votre arrivée en équipe nationale, comment était l’équipe, commençait-elle à rêver de la CAN ?

À cette époque, c’est vrai que c’était difficile de croire à une qualification à la CAN. On n’avait pas beaucoup de joueurs professionnels, il y avait les Idy Sonko, Aziz Kor, Pa Dembo, on les comptait sur les doigts d’une main. Ce n’est pas comme aujourd’hui où presque toute l’équipe joue à l’extérieur.

À cette époque entre 2006 et 2010, on n’avait quand même une belle équipe, renforcée par une belle génération de l’équipe espoir. Quand j’ai commencé avec l’équipe nationale, on avait un grand potentiel, je me rappelle un match référence où on avait tenu en échec le Sénégal à Dakar (1-1) en éliminatoires de la Coupe du monde 2010. Cette équipe-là aurait pu se qualifier à la CAN, mais il nous manquait sans doute un petit quelque chose.

Après cette période-là, à quel moment vous vous êtes dit que la Gambie pouvait se qualifier à la CAN. Y a-t-il eu une date, un match, un déclic ?

On n’était pas loin déjà en 2019, notre équipe avait tenu tête à l’Algérie deux fois (1-1) en éliminatoires et on avait aussi battu le Bénin chez nous (3-1). Mais, j’ai commencé à y croire vraiment lors de notre victoire en Angola (3-1) lors de la première journée des éliminatoires de la CAN (2022). Après ce match, je me suis dit que c’était l’année où jamais. J’y ai cru et j’ai demandé aux joueurs d’y croire, et on a réussi.

« C’est une histoire qu’on va raconter à nos petits-fils et arrière-petits-fils »

Qu’est-ce que l’équipe nationale représente pour un petit pays de moins de 2,5 millions d’habitants comme la Gambie ?

Quelque chose de grand ! Beaucoup de personnes connaissent désormais la Gambie grâce à nous et à l’équipe qu’on a qualifiée à la CAN. Rien que cela, c’est une grande victoire, une immense fierté.

Qu’est-ce que cela vous fait d’être le capitaine de la première équipe de Gambie qui a disputé et remporté son premier match en Coupe d’Afrique ?

Un immense bonheur ! Je remercie Dieu de m’avoir donné cette chance. Pour moi et tous les joueurs, c’est quelque chose qui va rester pour l’éternité. C’est une histoire qu’on va raconter à nos petits-fils et arrière-petits-fils. C’est l’occasion de remercier le coach et tout le staff pour leur travail. Mais aussi de rendre hommages à ceux qui nous ont précédés et nous ont montré le chemin, de la génération Biri Biri à celle d’Idrissa Sonko, elles ont balisé notre chemin. Merci à eux.

Que peut espérer la Gambie de cette Coupe d’Afrique après une première victoire contre la Mauritanie ?

On ne voit pas plus loin que le prochain match. On va rencontrer le Mali (dimanche 13 GMT). Ce qu’on veut, c’est gagner tous nos matches. On sait que toutes les équipes présentes ont plus d’expérience que nous, mais c’est le football, c’est 90 minutes. Nous, on n’a aucune pression, on sait que nous sommes des outsiders.

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