18 octobre 1993 : hommage à Smaïl Yefsah, l’ange assassiné

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Il était jeune, un peu trop peut-être. Studieux, exagérément, peut-être aussi. Le journaliste et militant Smaïl Yefsah a été tué il y a 28 ans, à peine 40 jours après son mariage. Il n’avait que 31 ans.

Yefsah était le symbole même de l’espoir et de l’amour de la patrie, au moment où l’Algérie traversait sa pire crise. Avec son sourire emblématique, Smaïl Yefsah illuminait les cœurs de ses amis et de ses proches, mais aussi de plusieurs Algériens.

Smail est né en haute Kabylie, dans le village de Tala Amara à Tizi Rached, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Après un parcours journalistique courageux, Smaïl revient pour se reposer éternellement aux côtés de son oncle, qui porte le même nom que lui, dans le cimetière familial qui toise encore le Djurdjura.

Une seule mort et mille questions

Smail Yefsah, diplômé en sciences politiques, embrassera avec passion le métier de journaliste. Il ne va pas tarder à gravir les échelons et à attirer tous les regards vers son travail et son professionnalisme. En 1987 il est rejoint un journal économique arabophone, avant d’atterrir au sein de l’équipe rédactionnelle de l’ENTV. De rédacteur-présentateur, il passe vite à sous-directeur de l’information.

Militant  pour la langue et la culture amazighe, Le défunt avait défié ses supérieurs à l’ENTV en diffusant, pour la première fois sur la télévision, un reportage en langue berbère. Le journaliste était également connu pour son engagement contre l’intégrisme islamiste, qu’il combattait ouvertement, avec son intellect et sa plume.

Smaïl Yefsah, et son sourire angélique, nous ont quitté à jamais un 18 octobre 1993. Alors qu’il allait, comme à son habitude, se rendre à son lieu de travail, le journaliste a été surpris par trois lâches qui lui assénèrent plusieurs coups de couteau. Le militant démocrate a été ensuite abattu avec trois balles dans l’abdomen.

Une mort douloureuse. On ne sait toujours pas si on lui reprochait d’être jeune, beau ou intègre. Personne ne peut trancher si on l’avait tué pour son engagement pour la démocratie, ou bien parce qu’il était un militant pour l’amazighité. Une chose est sure cependant, Smaïl Yefsah a laissé deux veuves ce jour-là. Sa femme qu’il venait d’épouser depuis 39 jours, et une Algérie meurtrie qui voyait ses meilleurs hommes s’envoler un après l’autre.



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